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Modèles pédagogiques et choix technologiques
inspiré de Jean Houssaye, Le triangle pédagogiqueEdition Peter Lang, 2000, p.35, pour les schémas.

Du savoir distribué au savoir disponible ; d'un modèle pédagogique transmissif à un modèle de type appropriatif, les NTIC peuvent faciliter grandement l'évolution vers la deuxième alternative. Mais les technologies ne dictent pas la pédagogie et elles peuvent très bien être utilisées pour reproduire ou renforcer les formes traditionnelles de transmission du savoir. Avant de se lancer dans un projet de formation utilisant les NTIC, une mise au point préalable sur les choix pédagogiques n'est donc pas superflue.

Le triangle pédagogique,
représentation du modèle pédagogique

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Le triangle pédagogique structure les relations entre les trois éléments de base du système pédagogique :

  • Le formé : qu’il soit " apprenant ", " stagiaire " ou " élève " ;
  • Le formateur : qu’il soit lui-même " enseignant " ou " moniteur " ;
  • Et l’objet de la formation, c’est-à-dire le contenu, ce qui va être appris par le formé.

Les trois cotés du triangle représentent les relations qui s’établissent entre ces trois élément et qui, selon leur nature, vont induire ou définir tel ou tel modèle pédagogique.

On définit le modèle pédagogique comme un ensemble d’éléments qui déterminent et orientent l’organisation et l’action pédagogique. Ces modèles représentent des références plus ou moins conscientes de la part de ceux qui les utilisent.

Le modèle pédagogique transmissif

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Dans le modèle transmissif, l'accès à l'objet de la formation dépend du formateur. Ce modèle correspond au dispositif d'enseignement ou à celui du stage traditionnel. La formateur est dépositaire du savoir et il impose les modalités d'accès à celui-ci, non seulement par son style pédagogique, mais sa disponibilité, ses horaires de travail, sa présence dans un lieu donné, etc .

Le modèle pédagogique appropriatif

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  • Dans ce modèle, la personne accède directement à l'objet de la formation. C'est un principe de base de l'autoformation.
  • L'objet de la formation est rendu accessible par le travail préalable du formateur pour le mettre en forme de telle manière que l'apprenant puisse se passer de lui : c'est le sens du travail de médiatisation des contenus de la formation.
  • C'est dans un tel modèle que le formateur peut orienter son attention et son travail sur la personne en train d'apprendre : on peut véritablement parler ici de formation centrée sur l'apprenant. Le terme de médiation trouve alors sa signification dans la qualité particulière de l'accompagnement que le formateur va effectuer auprès du formé.

Pour compléter la présentation de ce modèle appropriatif, il faut ajouter quelques précisions sur les interrelations dans le triangle pédagogique.

  • La médiatisation des contenus de formation - leur mise en forme publiable sur les supports numériques, par exemple - n'est pas une conditions suffisante pour définir un modèle appropriatif. Les contenus peuvent en effet être transmis sur une présentation à l'écran, éventuellement même sur un réseau de communication à distance, sans pour cela permettre un accès autonome de la part des apprenants. Ainsi, la situation pédagogique de téléconférence se réfère plutôt à un modèle transmissif.
  • Pour réaliser un bon travail de médiation, le formateur a besoin de disposer d'outils pédagogiques préalablement mis en forme. Autrement dit, il ne peut y avoir de médiation sans médiatisation préalable. Mais ici aussi, la présence de médiation n'implique pas mécaniquement un accès autonome des apprenants à l'objet de la formation. La médiation se pratique en effet très couramment dans le contexte de stages, sans utiliser les NTIC, autour d'un outil tel que les Ateliers de Raisonnement Logique par exemple. Cette pratique de la médiation peut combiner les deux modèles, dans la mesure où l'autoformation ne concerne que de courts moments d'apprentissage.
  • L'accès autonome aux contenus de la formation, lorsqu'il est bien organisé, combine nécessairement une médiatisation poussée, sous forme de banques de ressources, et un accompagnement de l'apprentissage centré sur l'apprenant. Cette pratique se réfère typiquement à un modèle appropriatif.



Les choix technologiques

La multiplicité des technologies numériques n'incite pas, en tant que telle, à opter pour tel modèle plutôt que tel autre. Par contre un choix délibéré pour tel ou tel modèle pédagogique incitera à privilégier certaines technologies.
La recommandation de solutions techniques clés en mains est impossible si l'on veut bien considérer toute la diversité des projets et des contextes pédagogiques. Par contre, quelques critères de choix déterminants peuvent être proposés et discutés ici.

Production des ressources
Différentes alternatives et/ou combinaisons se présentent lorsque l'on envisage la question de la production de ressources pédagogiques en vue de leur utilisation sous forme de supports numérisés.

Moyennant un minimum de formation technique, les formateurs peuvent eux mêmes devenir ces concepteurs et réalisateurs. Il existe de nombreuses petites équipes pédagogiques qui aujourd'hui produisent des outils d'apprentissage diffusés sur Internet, ou même de valises pédagogiques complètes. On peut considérer que ce choix n'est pas un témoignage d'ouverture dans le sens du travail interdisciplinaire, mais il peut présenter de nombreux avantages :

      - le faible coût de production ;
- l'utilisation de logiciels de présentation grand public, parfois gratuits ;
- la possibilité de modifier, de faire évoluer et de renouveler sans cesse les ressources, de les personnaliser pour des besoins ponctuels…
- la possibilité de greffer directement et facilement la production de ressources numérisées sur les pratiques habituelles de fabrication d'outils pédagogique " bricolés " par les formateurs, dans le contexte de la formation des publics de bas niveaux ;
- la prise en compte de la culture professionnelle de ces formateurs, qui ont souvent du mal à intégrer dans leurs pratiques l'utilisation de produits proposés sur le marché.

L'introduction des NTIC à ce niveau peut être plus ambitieuse, notamment en termes de qualité de finition, de graphisme, d'interactivité des produits qui seront proposés aux usagers. Dans ce cas, le recours à d'autres professionnels, comme les concepteurs multimédia, sera nécessaire. L'intégration de compétences techniques de haut niveau dans un organisme de formation dépend à la fois de la taille de celui-ci et des possibilités de rentabiliser un investissement par une utilisation à grande échelle des ressources produites.
Certains de ces produits, proposés sur le marché du multimédia éducatif, présentent une très belle qualité de présentation et une bonne ergonomie.

Stockage et diffusion des ressources
Le choix du mode de stockage des ressources pédagogiques est déterminant de l'ouverture du système formation :

      - dans le sens de permettre l'accès plus ou moins facilement à un plus ou moins grand nombre de personnes ;
- de par la possibilité pour une banque de ressources de se développer, d'évoluer, de se modifier et de donner une plus ou moins grande capacité réactive au dispositif de formation ;
- de par la possibilité pour une banque de ressources de s'ouvrir et de communiquer avec d'autres sources de savoir ;
- de par sa capacité à être exploitable pour la constitution de parcours individualisés.

Modalités de communication
Les différents moyens de communication à distance disponibles avec Internet (s'ajoutant à ceux qui existaient précédemment) ouvrent largement les possibilités d'organiser la relation pédagogique. Ces moyens peuvent se répartir en deux catégories :

      Les moyens de communication synchrone
Ils permettent la communication en temps réel, comme dans une conversation naturelle (téléphone, chat (prononcez "tchat"), visio conférence, prise en main d'un ordinateur distant). Ces moyens, notamment les plus sophistiqués, offrent la possibilité d'établir une relation assez proche de la conversation naturelles entre des personnes présentes dans un même lieu. Le risque existant avec les moyens synchrones est de reproduire les modalités pédagogiques du modèle transmissif. La superposition de ces techniques sur un dispositif d'enseignement n'apporte pas d'évolution sensible sur le plan pédagogique.

Les moyens de communication asynchrone
Ces moyens sont les successeurs du courrier postal, mais ils sont plus rapides, maniables et moins couteux. Ici, la communication n'est pas synchronisée : il y a toujours un certain intervalle de temps entre la réception du message provenant d'un interlocuteur et la réponse envoyée par un autre interlocuteur. Ces techniques sont relativement simples dans leur mise en oeuvre et leur utilisation (e-mail, forum de discussion via Internet) mais elles offrent de très bonnes possibilités de communiquer dans le contexte de l'autoformation à distance. En effet, le rythme d'expression de chaque interlocuteur peut être respecté. Les délais d'échange de messages peuvent être très rapides (quelques secondes) ou plus espacés, fournissant ainsi beaucoup de souplesse dans la gestion du temps de la formation.

En définitive, un bon dispositif de formation ouverte et à distance peut offrir une combinaison de ces différents moyens, adaptée au public et au contexte dans lequel elle est réalisée.

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