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La carte cognitive
Jean-Claude Maurin - 1999
Les matériaux dapprentissage proposés à
lapprenant peuvent plus ou moins favoriser lapprentissage de connaissances, la
construction de lautonomie, ou au contraire induire auprès de celui-ci de
véritables blocages. Laccès au savoir, aux contenus dapprentissage, est
structuré par lorganisation des matériaux mis à la disposition des apprenants.
Une connaissance spécifique de ce quapporte un matériel dapprentissage, au
delà des évidences et des apparences, permet aux formateurs déviter ou de
résoudre certaines difficulté dapprentissage. La carte cognitive
(Debray,1992, p.43) est un outil qui permet, à travers 7 paramètres danalyse de
lacte dapprentissage, de mieux positionner ces difficultés, ou de proposer
des activités pertinentes par rapport à des besoins donnés.
Le contenu de la tâche, son aspect thématique, le
contexte dapplication de lactivité, peuvent être appréciés selon leur
caractère de familiarité pour lapprenant.
Les modalités de langage demandées à lapprenant
peuvent être diverses : graphiques, orales, numériques, textuelles écrites,
gestuelles
La difficulté de lapprenant avec une modalité dexpression
ne préjuge pas de son incapacité par rapport au contenu du problème posé.
Les phases dactivité mentale nécessaires ne sont
pas les mêmes pour réaliser telle ou telle activité. Ces phases sont au nombre de
trois : la prise dinformation (input), lélaboration des données et la
restitution dun résultat (output). Lactivité dapprentissage proposée
peut plus ou moins mettre laccent sur une ou plusieurs de ces phases, de même que
la difficulté rencontrée peut concerner plus particulièrement lune delles.
Les opérations cognitives mobilisées dans
lactivité mentale sont repérables à travers les principes ou les règles mis en
uvre pour traiter linformation et résoudre le problème. Ces opérations
cognitives sont : lidentification, la comparaison, la classification, la
catégorisation, la sériation, lorientation spatiale, etc.
Ces opérations correspondent à des degrés de difficulté
plus ou moins importants qui renvoient aussi à des stades du développement mental. Par
exemple la classification, consistant à ranger des objets dans des catégories
préexistantes, est plus simple que la catégorisation qui consiste à créer les
catégories préalables au rangement des objets.
Le niveau de complexité de la tâche est mesurable par
le nombre dunités dinformation à prendre en compte pour effectuer celle-ci.
Le niveau dabstraction peut être défini selon une
graduation qui va du niveau le plus concret, dans lequel lapprenant sappuie
sur sa perception sensorielle des objets et des phénomènes, au niveau le plus abstrait
lorsquil sagit de manipuler des relations entre des concepts.
Le niveau defficacité requis pour réaliser une
activité ne doit pas être confondu avec la capacité intellectuelle (comme cest
souvent le cas) qui englobe lensemble des paramètres. Il concerne les éléments
comme lengagement personnel, la précision et la rapidité qui doivent être mis en,
uvre pour résoudre un problème.
Lanalyse prenant en compte ces différents paramètres
doit permettre au médiateur danticiper, ou bien de diagnostiquer a posteriori, les
difficultés auxquelles lapprenant est confronté en travaillant avec tel ou tel
matériel dapprentissage (Debray,1992, p.43).
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