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Les sources de motivation Jean-Claude Maurin
Dans le discours sur le développement du multimédia dans
l’éducation et la formation, on a tendance à considérer que la mise
en forme, que la médiatisation des contenus de formation a une
importance essentielle, de par son incidence sur la motivation des
utilisateurs. Cet élément est sans doute très important, mais il
doit être relativisé, du fait même de son origine externe par
rapport à l’apprenant. Si la motivation des apprenants devait
reposer sur la qualité des matériaux multimédia d’apprentissage,
ceux-ci devraient être d’une qualité véritablement exceptionnelle.
Or il n’est pas rationnel d’espérer la réussite d’une formation, en
misant sur la seule efficacité d’un produit miracle.
Au plan des sources
externes de motivation, on distinguera celles qui proviennent de
la présentation
du produit ou de l’interactivité
réalisable avec les outils multimédia, de celles qui dépendent des
stratégies
pédagogiques utilisées, indépendamment des outils servant à les
présenter.
Mais il faut aussi considérer les sources
internes de motivation, qui sont essentielles lorsqu’on se situe
dans une perspective d’autoformation.
On parle de motivation extrinsèque
lorsque celle-ci est provoquée par des stimulations extérieures à
l’apprenant, soit en lui procurant du plaisir immédiat, soit en lui
laissant envisager des sanctions désagréables, soit en lui proposant
des buts qui pourraient le satisfaire.
La présentation du produit de
formation peut constituer une source de motivation externe
lorsqu’elle s’appuie sur les principes des media d’information ou de
diffusion artistique. Dans ce cas, la motivation est entretenue
comme l’éveil, c’est-à-dire par des stimulations sensorielles et
émotionnelles. Comme au cinéma ou à la télévision, le choix des
cadrages plus ou moins rapprochés, des montages plus ou moins
rapides et des musiques appropriées permettent d’amplifier l’effet
du scénario. Si l’on choisit des outils multimédia pour leurs
capacités à soutenir ce type de motivation, on retiendra plutôt ceux
qui contiennent beaucoup d’image et de son.
L’interactivité d’un outil
multimédia est communément considérée comme une qualité, dans la
mesure où elle permet de circuler plus facilement et plus librement
à travers des contenus d’apprentissage. Mais dans le contenu du mot
lui-même, le terme activité laisse penser que l’outil en tant
que tel est vivant et stimulant et qu’il va, de plus, placer
l’utilisateur dans une position active.
Au premier niveau d’analyse, l’activité provoquée chez le sujet
est une activité motrice : il s’agit surtout de pointer et cliquer
avec une souris. L’activité intellectuelle sous-tendue par ce geste
n’est pas toujours très évidente. Il s’agit assez souvent d’un
mécanisme de navigation qui ne pose pas de problème à l’apprenant et
ne peut être considéré, dans ces conditions comme une source de
motivation.
La motivation de l’apprenant peut être recherchée à travers la
stratégie d’apprentissage qui lui est
proposée, et notamment par la mise en œuvre de démarches inductives
et de méthodes actives. Ce parti pris suppose que la motivation est
entretenue lorsque l’apprenant est confronté à des activités, à
travers des défis à relever et des problèmes à résoudre. Cette
stratégie de motivation est possible lorsque l’apprenant est placé,
à travers les matériaux qu’il utilise et l’accompagnement humain de
son apprentissage, dans une position active de recherche
d’information et de solutions. Dans cette position l’apprenant peut
réaliser des expériences personnelles créatives qui vont consolider
son sentiment de compétence et favoriser la réussite de son
apprentissage.
On parle de motivation intrinsèque
lorsque l’apprenant trouve de la satisfaction à agir en fonction de
ses propres attentes et des objectifs qu’il s’est fixé. Ces attentes
et ces objectifs créent une aspiration qui mobilise la personne et
soutient son activité d’apprentissage. Cette source de motivation
est d’autant plus solide que la personne est bien en accord avec ses
buts.
Mais pour beaucoup d’apprenants, la construction de ces objectifs
personnels ne paraît pas possible ; la formation reste une
contrainte extérieure dont les buts sont imposés par le système
social. Tout au plus peuvent-ils trouver un certain intérêt dans
l’apprentissage, mais leur mobilisation n’est pas assez forte pour
pouvoir conduire leur formation de façon autonome. Pour ces
apprenants, les motivations extrinsèques n’ont qu’un impact limité.
Un accompagnement permettant à l’apprenant d’aller puiser au plus
profond de ses aspirations pourra seul amener de la motivation. Des
objectifs personnels de formation peuvent en effet se reconstruire
s’ils prennent appui sur un projet existentiel authentique et
profondément ancré.
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