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Les sources de motivation Dans le discours sur le développement du multimédia dans l’éducation et la formation, on a tendance à considérer que la mise en forme, que la médiatisation des contenus de formation a une importance essentielle, de par son incidence sur la motivation des utilisateurs. Cet élément est sans doute très important, mais il doit être relativisé, du fait même de son origine externe par rapport à l’apprenant. Si la motivation des apprenants devait reposer sur la qualité des matériaux multimédia d’apprentissage, ceux-ci devraient être d’une qualité véritablement exceptionnelle. Or il n’est pas rationnel d’espérer la réussite d’une formation, en misant sur la seule efficacité d’un produit miracle. Au plan des sources externes de motivation, on distinguera celles qui proviennent de la présentation du produit ou de l’interactivité réalisable avec les outils multimédia, de celles qui dépendent des stratégies pédagogiques utilisées, indépendamment des outils servant à les présenter. Mais il faut aussi considérer les sources internes de motivation, qui sont essentielles lorsqu’on se situe dans une perspective d’autoformation. On parle de motivation extrinsèque lorsque celle-ci est provoquée par des stimulations extérieures à l’apprenant, soit en lui procurant du plaisir immédiat, soit en lui laissant envisager des sanctions désagréables, soit en lui proposant des buts qui pourraient le satisfaire. La présentation du produit de formation peut constituer une source de motivation externe lorsqu’elle s’appuie sur les principes des media d’information ou de diffusion artistique. Dans ce cas, la motivation est entretenue comme l’éveil, c’est-à-dire par des stimulations sensorielles et émotionnelles. Comme au cinéma ou à la télévision, le choix des cadrages plus ou moins rapprochés, des montages plus ou moins rapides et des musiques appropriées permettent d’amplifier l’effet du scénario. Si l’on choisit des outils multimédia pour leurs capacités à soutenir ce type de motivation, on retiendra plutôt ceux qui contiennent beaucoup d’image et de son. L’interactivité d’un outil multimédia est communément considérée comme une qualité, dans la mesure où elle permet de circuler plus facilement et plus librement à travers des contenus d’apprentissage. Mais dans le contenu du mot lui-même, le terme activité laisse penser que l’outil en tant que tel est vivant et stimulant et qu’il va, de plus, placer l’utilisateur dans une position active. Au premier niveau d’analyse, l’activité provoquée chez le sujet est une activité motrice : il s’agit surtout de pointer et cliquer avec une souris. L’activité intellectuelle sous-tendue par ce geste n’est pas toujours très évidente. Il s’agit assez souvent d’un mécanisme de navigation qui ne pose pas de problème à l’apprenant et ne peut être considéré, dans ces conditions comme une source de motivation. La motivation de l’apprenant peut être recherchée à travers la stratégie d’apprentissage qui lui est proposée, et notamment par la mise en œuvre de démarches inductives et de méthodes actives. Ce parti pris suppose que la motivation est entretenue lorsque l’apprenant est confronté à des activités, à travers des défis à relever et des problèmes à résoudre. Cette stratégie de motivation est possible lorsque l’apprenant est placé, à travers les matériaux qu’il utilise et l’accompagnement humain de son apprentissage, dans une position active de recherche d’information et de solutions. Dans cette position l’apprenant peut réaliser des expériences personnelles créatives qui vont consolider son sentiment de compétence et favoriser la réussite de son apprentissage. On parle de motivation intrinsèque lorsque l’apprenant trouve de la satisfaction à agir en fonction de ses propres attentes et des objectifs qu’il s’est fixé. Ces attentes et ces objectifs créent une aspiration qui mobilise la personne et soutient son activité d’apprentissage. Cette source de motivation est d’autant plus solide que la personne est bien en accord avec ses buts. Mais pour beaucoup d’apprenants, la construction de ces objectifs personnels ne paraît pas possible ; la formation reste une contrainte extérieure dont les buts sont imposés par le système social. Tout au plus peuvent-ils trouver un certain intérêt dans l’apprentissage, mais leur mobilisation n’est pas assez forte pour pouvoir conduire leur formation de façon autonome. Pour ces apprenants, les motivations extrinsèques n’ont qu’un impact limité. Un accompagnement permettant à l’apprenant d’aller puiser au plus profond de ses aspirations pourra seul amener de la motivation. Des objectifs personnels de formation peuvent en effet se reconstruire s’ils prennent appui sur un projet existentiel authentique et profondément ancré. |
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