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Pourquoi ce guide ?
Certains s'étonneront peut être que soit proposée l'utilisation
des Nouvelles Technologies d'Information et de Communication (NTIC) dans le champ de la
formation des publics de bas niveaux de qualification. En effet, beaucoup d'objections ont
été entendues à ce sujet :
Comment peut-on considérer que ces publics pourront mieux accéder
aux savoirs à travers des outils techniques qu'ils ne maîtrisent pas ? On-t-ils
les capacités nécessaires pour apprendre à utiliser ces techniques ? Ces
modernisations sont-elles vraiment prioritaires, alors que les dispositifs traditionnels
(stages, ateliers) destinés à ces publics survivent dans des conditions souvent
précaires ? Les bénéficiaires ont-ils l'autonomie suffisante pour prendre part à
des systèmes " souples " ou " flexibles " qui, pour beaucoup, sont
basés sur l'autoformation ?
Le monde de la formation doit certainement tenir compte de ces
questions, mais il doit aussi faire face à des enjeux et à des évolutions auxquels il
ne peut échapper.
L'impact de ces NTIC (l'informatique et Internet pour résumer) est
particulièrement sensible dans le monde de la formation, plus encore que dans l'ensemble
de la société. Les premiers à être heurtés par ces transformations technologiques et
culturelles sont, avant même les usagers, les acteurs de la formation et notamment les
formateurs eux-mêmes. La première raison d'être de ce guide est donc de rassurer : non
pas en esquivant les problèmes difficiles, mais en resituant bien cet enjeu de
l'introduction des NTIC dans le champ qu'ils maîtrisent déjà, celui des méthodes et
des outils pédagogiques ou de l'organisation des actions de formation.
Ce guide invite donc les acteurs de la formation à prendre en
compte l'existence de techniques informatiques et de réseaux numériques de plus en plus
performants pour résoudre des problèmes qui ne trouvent pas de solutions par les moyens
traditionnels.
D'une manière générale, la circulation rapide de grandes masses
d'information et de connaissances à travers le monde est techniquement possible, de même
que la possibilité de sélectionner finement ces informations et de les traiter pour de
multiples usages. Grâce à ces moyens, la fracture éducative et culturelle liée à la
possession de bibliothèques ne devrait plus exister. Ils n'apportent pourtant pas de
solutions magiques face aux difficultés d'apprentissage. Au contraire, ils font
apparaître une nouvelle " fracture numérique ". Il semble donc que les
solutions soient encore et toujours entre les mains des professionnels de la formation.
Avec l'existence des NTIC, ils sont confrontés à de nouvelles responsabilités et de
nouveaux défis. Ils ne sauraient être coupables de cette fracture numérique. Cependant,
la responsabilité de réduire cette fracture leur revient pour une large part. On
peut dire aujourd'hui, sans se voiler la face, que les limites rencontrées par les
usagers pour accéder à de nouveaux moyens d'apprendre sont avant tout celles des
professionnels : gestionnaires et financeurs certes, mais aussi formateurs et enseignants.
Les problèmes pédagogiques existent toujours. Il y a toujours des solutions à inventer.
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